Stage de Musique (2) – Les musiciens et la gravure

Les musiciens se mettent au travail. Gisèle Jacquemet leur présente les outils, les papiers, l’encre, la gravure. Ils créent leurs  reliefs sur la plaque. Il s’agit d’un travail de représentation qui prend en compte la profondeur, ce qui est inhabituel lorsque l’on travaille la notation avec un support papier. Nous creusons la plaque, il semble que nous sculptons les représentations sonores. 

Ensuite, l’encre est appliquée sur la plaque  puis part pour le tirage. Le résultat en papier dévoile les structures musicales. La surprise est agréable ! Partitions préméditées ? Constructions inconscientes ? Le résultat visuel nous plaît, les musiciens semblent fiers de leurs œuvres.

Prochaine étape : la transcription de ces esquisses en sons. L’interaction entre le visuel et le sonore se met en route. Que veulent dire ces partitions graphiques ? Rachel l’identifie à la forme musicale : une introduction dramatique, mystérieuse, qu’elle associe à des accords diminués. Ensuite, des vagues. Cet élément visuel porte en lui quelque chose de féerique, l’accordéoniste le transforme en valse de lignes sinueuses, une citation fait son apparition…

Robert utilise son esquisse pour créer des structures harmoniques, des réservoirs de sons, de gammes, qui se transforment à chaque partie. Il visualise une pièce pour 3 saxophones. 

José, Bernard et Brigitte sont surpris par le résultat. Éblouis, ils semblent me poser la question : avons-nous le droit de composer ? La réponse est là, devant leurs yeux. 

Stage de Musique (1)- Ateliers Croisés

Pendant une semaine, l’usine Saint-Marthe est habitée par une dizaine de musiciens. Mon atelier de composition musicale rejoint l’atelier de dessin et de gravure de Gisèle Jacquemet. Les partitions des enfants créées la semaine précédente deviennent musique jouée par le groupe d’instrumentistes rassemblé pour le stage. José Nisa découvre la partition en forme de livre-accordéon de Joachim et développe une improvisation avec l’aide de ces éléments visuels – une cartographie de son qui guide l’organisation formelle de la pièce. 

Force créatrice : rencontre avec Pom Bouvier-b

J’ai passé un après-midi illuminé avec Pom Bouvier-b. Son livre « L’épaisseur de l’instant”, parle de la composition dans le présent, de l’acte de composer, en sa dimension sensible, émotionnelle et existentielle. Son travail et ses multiples facettes – performance, composition, musique électroacoustique et improvisation – est décrit par la compositrice : 

“Je suis sur la berge entre le faire et l’être; je veille à ce que des choses m’échappent, c’est devenu une manière de déambuler, d’ordonner l’errance dans une partition ouverte, toujours prête à basculer ; il s’agit d’écrire non pas le résultat d’un état perceptif ou intellectuel, mais une situation pouvant créer cet état ; c’est cette possibilité très fragile de percevoir où non dans l’écoute que je cherche à provoquer comme si nous étions tous au moment de l’audition sur la lisière de la musique à l’intérieur de soi et dans l’univers tout entier.” Pom Bouvier-b.

Pom fabrique aussi ses propres instruments et avec joie, j’apprends qu’elle nous rejoindra pour un concert à l’usine et la marche sonore du 31 juillet 2021 au Pilat.

« L’épaisseur de l’instant”, Livre de Pom Bouvier-b.

Composition à l’orgue de Saint-Julien-Molin-Molette

Après des jours et des jours à l’usine Saint-Marthe, la vie accompagnée par une bande d’oiseaux pétillants en fin d’après-midi, le bruit constant des insectes du soir, le travail journalier dans l’espace de 600 m2 de cette ancienne industrie textile, je me mets à imaginer à quoi ressembleraient les bruits des machines en cours de travail. 

La réponse à ces stimuli sensoriels vient à l’orgue. Chaque jour, je me mets quelques heures à travailler à l’orgue de l’église de Saint-Julien-Molin-Molette. Même à l’intérieur de cet édifice, on entend le bruit de l’eau. Il s’agit du Ternay qui jadis faisait tourner les moulins et nourrissait l’industrie du textile, encore omniprésente dans le village.

Les touches de l’orgue sont toutes dénivelées. Si l’on écoute de plus près, elles ont un bruit mécanique ! Dans un premier temps, je commence à travailler sur la rythmique des touches et prends des enregistrements des sons du clavier, sans le son des tuyaux.

Dans un second temps, je concentre mon travail sur le souffle et l’expérience de continuité : une musique en un seul flux de 10 minutes, l’orgue à pleins tuyaux, battements. 

Pour finir, je superpose couche rythmique et souffle dans une seule pièce qui me fait penser à un énorme corps bruyant. Usine, souffle, insectes, flux d’eau, tout mélangés.

Je tiens à remercier Céline Elie pour sa générosité et pour l’accès à l’église et à l’orgue de Saint-Julien-Molin-Molette. 

Accueil musical d’une pèlerine

Dans un début d’après-midi pluvieux, je rencontre Catherine, une pèlerine dans le GR 65 depuis Dans un début d’après-midi pluvieux, je rencontre Catherine, une pèlerine qui suit le GR 65 depuis Genève. Robert Kieffer, saxophoniste et inventeur, et Catherine se rencontrent. Un accueil en musique se fait tout simplement à l’usine Sainte-Marthe. Catherine trouve dans le chemin de Compostelle, la simplicité et l’acceptation de la vie telle qu’elle vient. Dans notre improvisation, les radiateurs de l’usine deviennent des instruments de musique, nous écoutons la résonance. Malgré sa taille, l’énorme espace de l’usine nous rend des réflexions sonores agréables. L’aller-retour du son semble accompagner la longueur de la salle, l’espace façonne à la fois notre écoute et notre appréhension visuelle. Le parquet et le plafond en bois apportent de la chaleur au son, rien ne semble excessif.

Intervention à l’atelier de Gisèle Jacquemet (2) : vers une cartographie des sons

Une deuxième proposition de livre-accordéon est présentée par Gisèle. Une énorme bande de papier pliée est mise à disposition des enfants et ensemble, nous partons faire une balade à Saint-Julien-Molin-Molette, durant laquelle les artistes en herbe dessinent leur cartographie sonore du village. Ils proposent leur propre système de code.

On passe ensuite à son interprétation musicale. Je leur propose de rentrer à l’église de Saint-Julien, de Nous passons ensuite à son interprétation musicale. Je leur propose de rentrer dans l’église de Saint-Julien, de monter au chœur et de découvrir l’orgue à tuyaux. Après leur avoir joué quelques mélodies de Bach et leur avoir montré les différentes sonorités de l’instrument, nous passons aux choses sérieuses : les rendus sonores de leurs partitions. Pour finir, nous essayons une interprétation de la partition d’Alma-Rose à 8 mains.

Le stage de dessin et gravure proposé par Gisèle a été soutenu dans le cadre du dispositif “Eté Culturel” du Ministère de la Culture.

Intervention à l’atelier de Gisèle Jacquemet (1)

Pendant une semaine, Gisèle Jacquemet, plasticienne et membre fondateur de l’association Ceci n’est pas une usine, anime un stage de dessin et de gravure adressé aux enfants de 7 à 10 ans. Elle m’invite aussi à intervenir et rapidement, les signes de nos affinités commencent à apparaître. Gisèle propose un travail autour du livre-accordéon et fait découvrir aux enfants le travail de Warja Lavater. Cette même autrice a été une référence fondamentale pour moi, dans ma recherche d’une certaine souplesse dans les systèmes de notations musicales et leur symbolique.

Notre collaboration s’établit rapidement au cours de cette semaine. Les propositions de Gisèle concernant le dessin et la gravure me semblent accueillir avec justesse des interprétations musicales. L’ensemble des outils de travail – tels que les éléments de la typographie musicale – suggère des têtes de notes, des figurations sonores, des articulations, des modes d’attaque et de résonance. 

Le stage de dessin et gravure proposé par Gisèle a été soutenu dans le cadre du dispositif “Eté Culturel” du Ministère de la Culture.

Point de rencontre

Outil à association 

Créateur d’affinités 

Objet commun 

Action

Un temps commun n’existe pas

On est donc libres pour se perdre

Car on se retrouvera (dans la mesure 118)

Partition

Ses panneaux de signalisation

Pour qu’on puisse se retrouver, quelque part

dans l’espace temps

Atelier prise de son à l’Espace Déôme à Bourg-Argental

Nous étions accompagnés par une belle équipe de 11 jeunes pour capter les sons environnants à Bourg-Argental. Ils ont été équipés avec 5 enregistreurs nomades. En échange, ils nous ont offert des sons et surtout, nous ont transmis l’enthousiasme de la découverte de la première prise de son.

Avec le microphone, l’enregistreur et les casques, l’écoute est amplifiée. Ce système fonctionne comme un microscope pour sons. Cette “super oreille” peut détecter des sons dont on ne peut pas voir la source. Un des adolescents a détecté, uniquement grâce au son, un cerf caché dans la forêt. Nathan Drouniou (directeur du secteur jeunesse de l’espace Déôme, est parti à l’aventure avec nous. Il a enregistré un chien, sa respiration, sa plongée à l’eau.

Chien : respiration et plongée à l’eau

Un autre groupe a enregistré une interview politique fictive. Un jeune s’est intéressé aux bruits des pas sur différentes surfaces : l’herbe, le sable, la pierre, le bois. Le groupe des filles fut émerveillé par les bruits des froissements des feuilles et s’est mit à jouer avec les branches d’un arbre. Aucun des enregistrements ne se ressemble.

L’enregistreur rend audibles des sons que l’on ne peut pas percevoir. L’expérience peut même être effrayante. Nous étions tous pris par l’intensité du processus, de l’instant passé dans cet “état de perception altérée », qui a beaucoup plu aux jeunes qui ont eu du mal à quitter l’enregistreur.

Participants : Enzo Archier, Naomé Arnaudet, Simon Bastin, Torn de Jong, Florentin Exbrayat Chouvy, Alexandre Jalabert, Fleur Liebart Sala, Samuel Mascunan, Simon Pouget, Raphael Raby et Frédéline Victor.