Des mots sur la partition

La nature performative de la musique fait en sorte que l’expérience auditive, physique et mnémonique, soit imprégnée dans sa notation. 

Elle rassemble ces perceptions en excitant l’oreille interne (faculté d’imaginer des sons et de les « écouter » dans un chant intérieur).

La partition est un support riche qui ne remplace toutefois pas la transmission orale et l’apprentissage auditif de la musique.

La notation musicale est née du besoin de mémorisation, lien entre dessin et mémoire, main et oreille. Elle ouvre la perspective de travail à long terme, laisse de la place à l’imagination du son.

Pendant que la perception flotte dans le flux du changement, de nouvelles couches viennent s’ajouter au cahier d’esquisses, lui apportant la saveur d’expériences vécues en ce moment.

Le déchiffrage d’une partition est rarement silencieux ou immobile. Les doigts du pianiste cherchent l’accord dans l’air, l’expérience du temps est simulée dans la respiration qui s’ajuste au phrasé, le sens de la pulsation prend corps, petits bruits, grognements, onomatopées.

Apprendre une nouvelle pièce passe par l’intégration de l’imagination sonore et du mouvement, un vrai processus d’appropriation.

Regarder une partition : lecture qui fait vibrer le corps, reflet des innombrables heures de pratique. Musique inscrite.

La partition offre une vue globale de la musique en même temps qu’elle aide à clarifier le détail. Elle établit des balises pour la définition du mouvement : notes, descriptions sonores, indications sur les modes de jeux et la partie de l’instrument qui va être touché, etc.

En cherchant le son, le musicien trouve son geste.

Chemin-Partition (Michelle Agnes Magalhaes)